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Propositions de lecture

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« Frappe-moi » de Mélanie Muller

41-tbSYEPuL._SL160_C’est l’histoire d’une soumise, une de celles qui travaillent, ont un appartement puis rencontrent leur maître qui se met à tout bouleverser.

D’abord elle ne connaît que sa voix, qui l’a conquise et lors de la rencontre, le physique ne compte plus; c’est le maître, celui qui commande et fait jouir, celui qui surprend et frappe.

Il a les clefs de son appartement et si au début cela n’a pas vraiment d’importance, elle finira par ne plus sortir de chez elle pour être disponible et ne jamais le rater.

Entre attente interminable et visites surprises, la soumise ne peut plus travailler; elle est arrêtée pour cause de dépression.

Elle a quand même à cœur de réaliser tous les fantasmes de son maître. Elle essaie de prendre le pouvoir et le surprendre pour son plaisir.

Elle devient double, tierce…

Et puis, elle le veut tout à elle, le séquestre trois jours.

Lui, ils lui fait comprendre qu’il aurait pu se libérer à n’importe quel moment, il a joué le jeu mais elle le veut tellement à elle que l’ultime nuit qu’il lui accorde après deux ans à jouer au chat et à la souris, cette nuit de rupture, elle l’étrangle avec cette ceinture qui l’a tant corrigée.

« Frappe-moi » est un roman de Mélanie Muller, une artiste précise-t’on.

Pour moi, c’est un genre « d’Empire des sens » moderne, dans le cas où l’homme n’aurait pas joué le jeu, ne donnant pas le pouvoir.

« Frappe-moi », c’est ce qui se passe dans la tête des soumises frustrées soit disant contrôlées à qui on n’accorde pas assez d’attention.

Délaissée, la soumise se terre pour ne rater aucune visite. Rupture sociale, rupture avec son emploi et c’est le tourbillon de la dépression qui crée les crises de larmes, les défis, les dédoublements de personnalité.

Toute à chacune, on a forcément pensé l’espace d’un instant: « Abandonne-moi et j’en mourrai » ou encore « Abandonne-moi et je te tue ».

Je ne crois pas qu’il y ait de réalisation de ces fantasmes destructeurs qui soulagent les angoisses et celle que son maître se désintéresse de soi.

Et puis, quand la rupture arrive, on ne meurt pas et on ne tue personne!

On relativise en principe, on peut se détacher d’une emprise, ça ne prend que quelques mois maximum!

J’ai bien aimé ce livre que j’ai lue d’une traite une nuit.

Il va jusqu’au bout, celui qu’on imagine, les extrémités que l’on envisage à intégrer des compagnes de jeux avec dégoût puis avec haine.

je me retrouve tout à fait dans ce personnage féminin, duel et qui défie les convenances, dans cet absolu que je recherche.

Souvent je dis en l’air: « Si tu meurs, si tu m’abandonnes, je t’empaillerais! », le garder près de moi pour toujours.

C’est irréalisable et passablement illégal mais c’est une formule qui dit: « Je t’aime à en faire n’importe quoi, guide-moi! Dis-moi comment te servir et j’en serai heureuse! Je ne vis que pour ça! »

Pour les gens en quête d’absolu ou pour ceux qui se demandent ce que ça signifie!

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« Le fouet » de Martine Roffinella

livre-lefouet« Le fouet » de Martine Roffinella est un roman, une fantaisie teintée de vrai et de connu de tous.
Tout commence par la généalogie et voilà que nous apprenons la généalogie sexuelle du personnage principal.
Ses premiers émois, ses découvertes, le tout ponctué d’un fil conducteur: une jeune femme de 30 ans entre dans une petite quincaillerie aux odeurs désuètes et achète un fouet.
Le récit s’emballe et ce fouet prend une place toute personnelle, un prolongement du corps et de la personne. Instrument de plaisir, de pouvoir puis peu à peu de vengeance.
La vengeance contre ceux qui mettent un caractère obscène sur ce qu’est une petite fille, vengeance sur le silence parental, vengeance même sur la mort.

125 pages d’écriture fluide qui transportent jusque dans la peau de ce personnage principal féminin dont j’ai oublié le nom…
Mais peu importent les noms puisqu’ils sont souvent tronqués ou seulement évoqués une fois ou deux au gré des pages.

Ce sont les impressions, la soumission sous-jacente qui l’espace d’un instant devient domination par un seul accessoire.
D’abord l’état des lieux, les définitions et leur passé, ensuite les proies qui se succèdent face à ce fouet irascible et enfin, une fin, véritable mais qui laisse un sourire goguenard au visage et de quoi consoler toutes les petites filles qui sommeillent dans un même idéal.

Nul doute que j’ai apprécié ce livre, pour ce qu’il y a de divertissant et d’amusant dans un retournement de situation, ce qu’il y a de drôle de voir que le héros du livre n’est qu’un objet, autant de convoitises et de frissons qu’il suscite.

La scène qui m’a laissée le plus rêveuse si je peux dire, c’est celle qui prend place dans une brasserie avec la fille n°3, et débute page 67.
J’ai retrouvé la description parfaite de ce qui s’impose parfois à moi, une vision suivie d’une kyrielle de détails où il n’y a ni perfection, ni imperfection mais, désir et une précision acérée… Cet instinct prédateur!
Un verre offert à la fille n°3, une bataille rangée, cachée sous le sceau de la politesse et la peur de créer un scandale, qui plie avec une facilité déconcertante, tout semble si facile!
Le lieux sera les toilettes de la brasserie, et non pas sa maison ou un hôtel, où les cris de jouissance de la fille n°3, prise sans vergogne par le fouet, se répercuteront en échos sur les murs carrelés et où elle restera pantelante, le billet laissé sur un coin du lavabo par celle qui, plus conquérante que jamais, paie son dû.

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