L’image de Bondless

On a tous une image, une facette…

L’image que l’on donne de soi au travail, en famille, dans les situations sociales, entre amis ou connaissances.

Inconsciemment, on cherche toujours à donner une image de soi, de la personne qu’on souhaite être.

On peut mettre un tailleur en dessous du genoux et montrer un aspect strict.

On peut se mécher les cheveux des couleurs de l’arc-en-ciel pour être original.

On peut enfiler une tenue en vynil pour montrer qu’on aime cette matière, évoquer un fétichisme.

Je pourrais faire toutes ces choses, tout ce qu’on peut dire en premier de moi c’est: grosse.

La première fois que j’ai vu Asdrubael et il parlait d’un « boudin », je lui ai demandé ce que c’était pour lui, il a répondu: « Comme toi mais, sans charme ».

Pour son prof de Kinbaku, je n’ai pas la bonne corpulence pour cette pratique.

Ce soir Asdrubael est de sortie avec un de ses anciens modèles de bondage. Une fille qu’on qualifierait de magnifique, bien fichue.

Pour sa famille je ne suis qu’une grosse qui n’a aucun avenir et qui va le contaminer.

Pour mon ancien « maître », j’avais un physique répugnant.

Personne ne se demande pourquoi je suis comme ça.

Personne ne se doute que ça ne me fait aucun plaisir d’être un gros tas qui veille à ne jamais rien manger en dehors de chez elle pour ne pas être jugé à l’emporte-pièce d’un « Elle bouffe, c’est pour ça qu’elle est grosse ».

Personne ne se doute que la douleur de l’âme puisse à ce point affecter le corps.

Quand je commence un peu à m’accepter, à assumer parce que mon image de moi-même est biaisée par la perte déjà de 30kg, il faut qu’on me remette sous le nez cette soupe à la grimace dans le dos.

Quand la grosse vache aura fini de pleurer, que sa graisse ne sera plus secouée de sanglots, elle pourra peut-être reprendre du courage et tâcher de ne haïr personne pour le mal qu’on lui fait.

Vous savez, elle sait très bien qu’elle est énorme et je dois le prendre à la première personne: je sais très bien que je suis énorme, que je ne suis pas belle.

Dois-je pour autant être une cible?

C’est sûr, vue la taille de la bête, difficile de pas me rater!!

J’écoute, j’essaie de comprendre au mieux les gens, j’essaie de passer outre ce qu’on me dit… Mais là, le vase déborde. Je retombe au plus grave de ma pathologie; ne plus mettre le pied dehors hormis pour le vital pour ne pas être jugée, me soustraire aux regards.

J’en suis malade, les gens m’ont utilisée, abîmée et ça m’a rendue malade…

Ça doit être la perspective du printemps, de l’été et ses maillots de bains, j’en ai pas de toutes façons, il est hors de question d’offrir un tel spectacle à la vue de gens qui n’ont rien demandé.

Constamment au régime et à faire attention, je n’étais pas comme ça avant.

Avant j’étais juste avec des seins et des fesses et c’était déjà un problème de faire 60 kg quand on sait que je mesure 1m63.

Maintenant c’est juste l’horreur… Et je suis le monstre du film de ma vie.

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2 Réponses à “L’image de Bondless”

  1. Alchimère dit :

    Si tu pense que ce mal être viens de la vision des autres alors il te suffit de leur faire rentrée dans le crane qu’ils en sont aussi responsable.
    Explique leur gentillement mais a l’instar d’un Jospeh Merrick, moi je sais, que le monstre n’est jamais celui qui semble être.
    Si cette armure de  » beauté » les rends aveugle au point d’en devenir laid et moche a l’intérieur.
    Je m’attache également a briser la vision que l’on a de moi, parce que ne portant pas de manteau je passe pour un monstre, parce que trop diffèrent d’eux, je ne rentre pas dans l’enclos.
    Crois moi,si tu veux être heureuse, tu dois d’abord te centré sur toi, gagné en confiance, que tu brise interieurement leur raisonnement egoiste/ Et une fois que tu sera prête rentre dans l’arène…
    Quand ils n’auront plus ce raisonnement ils finiront par te dire pardon.

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